
- ® Safran
Le MRO (maintenance repair and opérations) ou, en français, maintien en condition opérationnelle (MCO) est une science logistique dont la vocation est d’éviter les coûts parfois pharaoniques engendrés par la panne et le redémarrage d’un matériel ou d’un système. Dans le secteur aéronautique, un avion au sol peut générer une perte sèche d’exploitation pouvant atteindre jusqu’à 100 000 € par jour pour une compagnie aérienne. Dans un contexte international et sous contraintes d’un cadre réglementaire très exigeant, le MRO des aéronefs doit donc s’appuyer sur une chaîne logistique sans faille.
L’histoire est digne d’un film catastrophe. Le 10 juin 1990, une partie du pare-brise d’un avion de British Airways s’arrache en plein vol et provoque une forte décompression dans le cockpit. Le capitaine se retrouve aspiré à l’extérieur mais ses pieds restent coincés dans les commandes de vol. Le stewart présent dans la cabine s’accroche à ses jambes restera agrippé au corps du pilote qui cogne dehors contre la carlingue pendant que le copilote procède à un atterrissage d’urgence… Après inspection, il est apparu que le pare-brise en question n’avait pas été fixé avec des boulons certifiés par le constructeur, mais avec des pièces visuellement identiques. Parce qu’il n’y en avait plus en stock dans le magasin de l’atelier ?...
Maintient en condition opérationnelle
Obsédés par la sécurité, les constructeurs détaillent la moindre vis utilisée dans la fabrication d’un avion, avec une gestion documentaire ultra précise. Au-delà de sa référence, chaque pièce dispose d’une durée de vie et d’un écart de tolérance au-delà duquel son remplacement s’impose. Les composants des moteurs (durits, colliers de serrage,…) ou du train d’atterrissage (jambes,…) sont tout autant concernés que les consommables (pneus, plaquettes de freins,…). Le suivi, l’entretien et la réparation de ces équipements et des aéronefs en général sont désignés par le terme générique de MRO (Maintenance, Repair, and Operations en Anglais). Et la croissance du transport aérien – les carnets de commandes d’Airbus et Boeing dépasse les 10 000 unités à eux deux… – aiguise les appétits du secteur.


