
- Deuxième port fluvial de France, le port autonome de Strasbourg va s’agrandir de 4 ha pour accroître ses capacités ferroviaires.
- PAS Zvardon
Vaste région industrielle en recomposition et carrefour transfrontalier stratégique, la région Grand Est entend jouer de ses atouts logistiques. Le report modal ferroviaire et fluvial est au cœur d’une nouvelle stratégie régionale mobilisant 720 M€. Logisticiens, chargeurs et acteurs publics s’efforcent de coordonner leurs efforts afin de structurer une offre compétitive.
« Avec ses deux grands axes rhénan et mosellan, ses autoroutes nord-sud et est-ouest et un tissu industriel dense, notamment en Lorraine, le Grand Est s’impose comme l’une des régions les plus stratégiques pour la logistique en France », estime Laurent Guioli, coprésident de TLF Est et président de l’Observatoire régional transports & logistique du Grand Est (ORT&L). « Avec quatre frontières et un quart du fret ferroviaire français qui transite sur son territoire, il se situe au cœur des grands corridors européens », renchérit Thibaud Philipps, vice-président de la Région chargé des transports et de la mobilité durable. La Région entend désormais traduire ces atouts en actions coordonnées.
Investissements et atouts
Adoptée le 16 octobre dernier, la Stratégie régionale du fret et de la logistique 2025-2030 mobilise ainsi des investissements majeurs : près de 182 M€ pour le fret ferroviaire, 73,50 M€ pour les plateformes multimodales, 136 M€ pour le réseau fluvial et plus de 329 M€ pour les infrastructures routières via le contrat de plan État-région (CPER). Cette stratégie s’articule autour de cinq engagements, modernisation des infrastructures, politique foncière maîtrisée, transition énergétique, compétences, réseau régional du fret, afin de faire du Grand Est « un territoire majeur du transport durable au service de la compétitivité économique et de la transition écologique ».
Le territoire dispose du premier réseau national de lignes dédiées exclusivement au fret, avec 5 Mt transportées chaque année par 4 200 trains et des lignes capillaires représentant déjà 15 % du trafic national. La part du transport massifié s’élève à 15 % en Alsace, à comparer à la moyenne nationale « d’environ 10 à 11 % », rappelle Yves Lemoigne, chef d’unité commerciale Fret chez SNCF Réseau Grand Est. Le tout grâce à une infrastructure ferroviaire très développée : « Trois corridors européens sur quatre traversant la France y passent, avec la dorsale Strasbourg-Mulhouse et des triages majeurs comme Hausbergen. La situation transfrontalière avec l’Allemagne et la Suisse génère d’autre part un trafic supplémentaire, ouvrant vers l’Europe de l’Est ou l’Italie, renforcé par une belle présence portuaire le long du Rhin, elle aussi connectée au rail ».






