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Les supply chains post-Covid sont-elles plus robustes et agiles ?

, par Erick Demangeon

Les chaînes d’approvisionnement ont retrouvé leurs performances d’avant-Covid. Pourront-elles affronter une nouvelle crise majeure ? En séminaire le 28 janvier à Paris-La Défense, l’Observatoire de la logistique, associé à l’Université Gustave Eiffel et au ministère des Transports, via la DGITM, apporte des éléments de réponse, en plus d’indicateurs précieux sur l’évolution du secteur.

Les stocks baissent de façon continue depuis 2021. Leur niveau est « globalement faible  » avec une couverture d’à peine 10 j en France, tous secteurs confondus. « Les chaînes logistiques ont retrouvé un niveau de fiabilité excellent après avoir été désorganisées en 2020 et 2021 lors du Covid et ses suites », affirme François Combes. Pour arriver à cette conclusion, le co-directeur du département Aménagement, Mobilité, Environnement (AME) de l’Université Gustave Eiffel (UGE), corrèle les niveaux de stock aux taux de rupture. Lesquels ressortent à 0,2 % seulement dans les enquêtes Chargeur que son département pilote depuis 2016. Menées sur la durée, ces dernières s’appuient sur un millier d’observations par an complétées par diverses études (Sitram, CNR, Douanes…).

Retour des chaînes tendues

Ce constat interpelle toutefois. « En temps normal, un choix s’opère entre le niveau de stock et le taux de rupture  » explique le chercheur. Les deux devraient donc diverger et non converger. « Pour réduire les deux à la fois, il faut travailler sur l’agilité de la chaîne logistique par de meilleures prévisions, des process plus réactifs ou une fréquence plus forte des transports par exemple  ». Ce qui semble le cas mais reste à confirmer sur une période plus longue.
Pour François Combes, les supply chains ont retrouvé une performance « apparemment excellente  » mais il s’interroge sur leur résilience : «  est-on mieux armés face à la prochaine crise ? ». En termes de sourcing, Jean-Michel Garcia, délégué aux Affaires Internationales à l’AUTF, estime que les industriels et les distributeurs ont diversifié leurs approvisionnements et fournisseurs. Un élément de réponse ?

Moins de 2 % des sols artificialisés

Les enquêtes Chargeur étudient aussi la rotation des stocks selon leur localisation géographique. Elle est « plus rapide dans et à proximité des grandes agglomérations  », reprend François Combes. Ce qui n’est sans poser d’autres questions sur la robustesse des chaînes logistiques car « un stock à forte rotation se vide plus vite quand tout est bloqué ». Selon l’universitaire, ce rythme plus soutenu proche des centres urbains s’expliquerait par une demande plus importante et des fonciers plus chers à optimiser.

L’un des indicateurs suivis par l’Observatoire de la logistique est consacré d’ailleurs au foncier consommé par les activités d’entreposage et de transport au regard de objectifs Zéro artificialisation nette (ZAN). Sur environ 19 260 ha d’espaces naturels, agricoles et forestiers artificialisés, ces activités consolident moins de 2 %, avec une estimation de 384 ha en 2024 et de 221 ha en 2050. «  La logistique a donc une contribution faible dans l’artificialisation des sols », confirme Paul Vilain, ingénieur d’études à l’Observatoire.

206 Mds€ et 7,1 % du PIB

En 2024, le chiffre d’affaires consolidé des transports de fret et de la logistique contractuelle s’est élevé à 206,3 Mds€ en hausse de 3,1 %. Hors compte propre, il représente 7,1 % du PIB français, contre 6,4 % en 2019, pour un effectif de 1,749 million de salariés. Les activités d’entreposage et de stockage enregistrent une croissance « structurelle » selon l’Observatoire de la logistique. En 2023, leur chiffre d’affaires a atteint 14,3 Mds€, en augmentation de 27,6 % depuis 2019. Ce développement est tiré par le volume traité puisque, dans le même temps, les prix des prestations (inflation) n’auraient progressé que de 13,7 %. Entre 2019 et 2023, les effectifs dans les entrepôts se sont appréciés de 16,6 % pour se hisser à près de 676 000 salariés.
A l’échelle de l’Europe (UE + 3 pays), le chiffre d’affaires du marché français des transports de fret et de la logistique contractuelle pèserait 13 % environ, selon Peter Klaus de l’université allemande d’Erlangen Nuremberg.


Voir en ligne : Observatoire National de la Logistique - édition 2025

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