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Etude : L’Ile-de-France championne du petit colis

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L’institut Paris Région analyse la croissance continue des volumes de colis de moins de 30 kg en région francilienne et son impact logistique dont le modèle est bousculé par les plateformes e-commerce chinoises.
En 2025, 315 millions de colis de moins de 30 kg ont été distribués en Ile-de-France. Dans une étude, l’Institut Paris Région, qui s’appuie sur les données d’ITinSell et de l’ARCEP, analyse les impacts logistiques liés à la croissance constante de ces flux de colis dans un paysage redessiné par les plateformes e-commerce chinoises.
Dans cette étude, l’Institut Paris Région rappelle les chiffres du marché francilien. Ainsi en retenant la part démographique de l’Île-de-France (de 18 % à 20 % de la population française), on obtient une fourchette de 294 à 360 millions de colis régionaux, pour 1 638 millions dans la France entière en 2024 (dont 1 255 millions de colis domestiques et 383 millions importés). Les statistiques collectées et traitées par L’Institut Paris Region depuis deux ans sur les colis légers, à destination aussi bien des entreprises que des ménages, conduisent à une estimation de 315 millions de colis distribués entre septembre 2024 et août 2025 en Île-de-France, contre 303 millions un an plus tôt. On estime à 3,5 millions le nombre d’enlèvements/livraisons hebdomadaires pour les VUL en Île-de-France. L’impact sur la congestion routière de la logistique urbaine est bien documenté : les utilitaires et camions représentent environ 20 % du trafic, mais occupent près de 30 % de la voirie en raison des arrêts fréquents. L’institut estime qu’un livreur, en zone dense et en période de pointe, peut distribuer 120 à 150 colis par tournée. En France, en 2024, la livraison hors domicile a représenté plus de 30 à 40 % des livraisons du e-commerce. Les retours des particuliers provenant du e-commerce représentent environ 6 à 8 % des envois, avec des variations selon les produits.
L’activité connaît une forte variabilité selon les jours de semaine. Le mercredi est la journée la plus chargée pour les livreurs. Le lundi, le volume chute de moitié par rapport au reste de la semaine, marquant un creux singulier dans cette logistique du e-commerce. Pour l’échantillon accessible, trois quarts des colis pèsent moins de trois kilos. Un tiers des envois concerne les échanges inter-entreprises et deux tiers sont destinés aux particuliers. En 2024, 82 % des Français et 85,1 % des Franciliens ont acheté en ligne (pour des montants moyens respectivement de 4 055 € et 4 216 €). « Ces chiffres sont à relativiser, car les achats en ligne relèvent à la fois des services et des biens, dont le drive, qui ne génèrent pas nécessairement de flux de colis comparables à ceux du e-commerce », précise l’étude.
Le poids croissant des colis chinois
« Dans un marché très dynamique, c’est surtout la percée remarquable des e-commerçants chinois qui a retenu l’attention », observe l’institut Paris Région. On peut estimer la part des colis en provenance de Chine à 12,5 % des distributions régionales, soit 40 millions de colis sur les 315 millions distribués en 2025 en Île-de-France. L’aéroport de Paris-Charles de Gaulle constitue l’un des pôles remarquables du dispositif, comme porte d’entrée naturelle des échanges intercontinentaux et lieu de traitement du fret express. Avec 773 millions d’articles en 2024 contre 170 millions en 2022, pour un prix unitaire qui est passé de 11,3 à 6,4 euros entre les deux dates, le secteur du fret a connu un boom inégalé, en lien avec l’explosion de l’activité des géants du e-commerce chinois à destination du territoire national, mais aussi des pays limitrophes (20 % des articles). Une partie des approvisionnements régionaux est susceptible d’être acheminée par la route depuis la Champagne voisine (Vatry) ou d’autres aéroports européens, en particulier celui de Liège, importante base logistique d’opérateurs chinois, dont Cainiao, filiale logistique du géant du e-commerce Alibaba. L’introduction d’une taxe de deux euros par colis, en mars, a eu un impact massif et immédiat, redirigeant plus de 90 % des flux légers hors des frontières nationales avant d’être réimportés, sans impacter significativement les achats en ligne.
L’approvisionnement direct (drop shipping) est assuré depuis la Chine par voie aérienne. La distribution locale est externalisée, sans stockage dans des entrepôts. Les plateformes ont alors recours à des transporteurs locaux, notamment les acteurs postaux, pour leurs capacités à absorber les volumes et à accéder aux boîtes aux lettres des particuliers. L’absence de stocks garantit par ailleurs un renouvellement rapide de l’offre. Les points faibles restent le délai (de 9 à 11 jours) et le coût du transport aérien. La faible valeur de l’envoi permettait jusqu’ici d’échapper aux droits de douane, selon le principe de la taxation de minimis. « À terme, les acteurs chinois vont développer des circuits de distribution plus classiques avec des entrepôts centraux et chercher à contrôler la distribution par le rachat d’un ou plusieurs réseaux de distribution », indique l’étude.
Voir en ligne : https://www.institutparisregion.fr/...


